INFOS-VICTIMES.FR

Archives de juin 2009

La marche protestataire de l’association Christelle

Publié le 20 juin 2009 dans Les meurtres de jeunes filles en Saône-et-Loire | Aucun commentaire »

La marche de protestation organisée par l’Association Christelle dans l’après-midi du samedi 13 juin 2009, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), a réuni, selon les chiffres officiels, environ 150 personnes. Le cortège a circulé silencieusement, sous la surveillance de plusieurs véhicules de police, devant quelques établissements symboles de l’affaire : l’hôtel de ville, la sous-préfecture et le Palais de Justice. Comme l’a rappelé le président de l’association Bernard Hommey, ni Dominique Perben, maire de Chalon-sur-Saône de 1983 à 2002 puis ministre de la Justice de 2002 à 2005, ni Rachida Dati, ministre de la Justice, depuis 2007, qui a passé son enfance à Chalon-sur-Saône, n’ont accepté de rencontrer les familles des victimes ou leurs représentants, pas plus qu’ils n’ont donné suite aux demandes de constitution d’une cellule d’enquête chargée des neuf dossiers criminels non élucidés suivis par l’association. La création de cette cellule d’enquête composée de 6 policiers et de 6 gendarmes, promise par le Garde des Sceaux Pascal Clément en 2006, avait été sabordée par Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, qui avait invoqué l’ancienneté des faits ainsi que des limites budgétaires. Ce qui rend perplexe quand on considère les effectifs considérables que Sarkozy prélève sur la force publique pour assurer sa propre sécurité et celle d’une pléiade de personnalités. Pour ne citer qu’un seul exemple, il faut savoir que pas moins d’une cinquantaine de gendarmes étaient affectés en permanence, il y a quelques années, à la protection de la maison de Danièle Mitterrand. Bernard Hommey a également comparé le coût d’une cellule d’enquête avec celui de la surveillance d’un match PSG-OM : 1 500 agents mobilisés durant une journée représentent approximativement le même coût qu’une équipe de 6 personnes travaillant 235 jours ouvrés par an. À l’heure actuelle, aucun enquêteur n’est chargé de travailler exclusivement sur les dossiers.

Le sous-préfet, Jean-Noël Humbert, dont l’aide a été récemment sollicitée par l’association et auquel les dirigeants avaient l’intention de remettre, au cours de la manifestation, une lettre en main propre, ne s’est pas présenté. Pierre Denier, procureur de la République de Chalon-sur-Saône, responsable de tous les dossiers, n’a pas non plus répondu à l’invitation qui lui avait été lancée. Les manifestants ont trouvé porte close au tribunal de grande instance.

Lors de l’assemblée qui s’est ensuite tenue dans la salle Marcel Sembat, Bernard Hommey a fait état d’un ensemble de propositions établies avec l’association Stop à l’oubli et la Fondation Julie qui, bien que paraissant frappées d’évidence et de bon sens, demeurent aujourd’hui encore lettre morte :

  • Améliorer la conservation des scellés ; tous les tribunaux français perdent, dans des endroits exigus, des scellés cruciaux pour les enquêtes avec une régularité et un à-propos qui ne laissent d’étonner ; les scellés sont bien souvent stockés dans les pièces les plus inappropriées des tribunaux ; les entrées et les sorties sont notées sur de simples registres en papier, qu’il n’est pas rare d’entendre déclarés égarés, en toute impunité pour les fautifs ;
  • Rendre les crimes de sang imprescriptibles, comme dans les pays anglo-saxons ; la durée de prescription pour les crimes, fixée à dix ans,  n’a pas été modifiée depuis 1958, en dépit de l’allongement de la durée de vie, des progrès décisifs de la police scientifique et de l’explosion du nombre des documents de toute nature permettant d’apporter des certitudes longtemps après des faits ;
  • Prélever systématiquement des échantillons d’ADN sur les cadavres non identifiés inhumés sous X ;
  • Supprimer les remises de peine automatiques, qui permettent à la plupart des condamnés de n’effectuer qu’un peu plus de la moitié des peines d’emprisonnement prononcées par les tribunaux.
Partager
  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Scoopeo
  • Technorati
  • del.icio.us
  • Netvibes
  • MySpace
  • Live
  • Wikio FR
  • email

Quand Labarrère qualifiait Baudis de démon

Publié le 3 juin 2009 dans Affaire Baudis-Alègre, À lire également | Aucun commentaire »

On se souvient qu’à partir de l’année 2003, Dominique Baudis et André Labarrère, ancien maire de Pau, ont fait conjointement l’objet de graves accusations dans le cadre de l’affaire Alègre. Or, bien avant la tourmente, en 1987 très exactement, André Labarrère avait publié aux éditions Ramsay, sous le titre de Votre Écriture, messieurs, un ouvrage qui renfermait une série de « portraits graphologiques » assez révélateurs sur une cinquantaine de personnalités politiques de premier plan de l’époque. C’est ainsi qu’entre des études sur Raymond Barre et Pierre Bérégovoy, figurait un chapitre sur un homme qui, quoique appartenant à un parti politique opposé, était un proche avec lequel il entretenait des relations amicales et personnelles : Dominique Baudis. Le maire de Pau, franc-maçon déclaré et passionné de sorcellerie, comme en atteste sa suite romanesque composée du Bal des célibataires et du Baron rouge, connaissait à coup sûr le fond ésotérique des termes qu’il avait consacrés à Baudis, et à lui seul. Voici l’intégralité du chapitre en question. C’est moi qui ai mis certains passages en gras.

« Écriture fascinante par ses arêtes, sa structure de cathédrale gothique. Une personnalité difficile, énigmatique, portant, tour à tour, tous les masques du carnaval de Venise. Une ambiance close. Une énergie farouche pour se protéger des autres. Une superbe indépendance dont Dominique Baudis finit par faire profession dans tous les domaines. Il ne s’estime appartenir à personne sinon à son destin.

« Une série impressionnante de barrières, de mâchicoulis empêchent de pénétrer dans l’enceinte de la vie privée. Malheur à qui s’y faufile sans y être invité. Dominique Baudis, connu pour l’amabilité de sa présentation, son sourire, possède une écriture exactement à l’opposé. Il apparaît que le véritable Baudis est fermé, impossible à cerner. Un homme d’ambition forte mais qui, dans le privé, s’abandonne aux doutes. L’écriture descendante exprime la fatigue, une véritable déprime que l’on essaie de compenser par une signature montante. La mélancolie a fait son royaume du maire de Toulouse. Des souvenirs de temps heureux semblent s’accrocher à cet homme jeune et  le précipiter dans la nostalgie du bonheur perdu. Une tristesse enveloppante qui peut être due également aux soucis de sa charge. Un fardeau qu’il a du mal à porter mais qu’il doit faire semblant de supporter comme s’il avait la légèreté d’un sac de plumes. Farouche dans son désir d’être à la hauteur de son rôle, il va mettre toute son énergie dans ce qui est devenu un combat permanent pour se glisser habilement dans ses fonctions politiques en venant d’un milieu totalement différent. L’image qui vient à l’esprit est celle d’un arc bandé vers la réussite.

« Vivant souvent de façon précipitée, Dominique Baudis a rarement l’esprit en repos. Il peut, par manque de temps ou d’habitude, faire des erreurs, oublier certaines obligations. Préoccupé par les difficultés de sa fonction, il est habité parfois par le désir de détente, la fraîcheur d’une soirée dont la principale vertu serait de n’avoir rien à faire. Las, les temps ne sont pas propices pour dételer. Moderne Atlas, il doit sans cesse porter le monde toulousain sur ses épaules pour être à la hauteur et s’y maintenir. La graphie torturée en devient pathétique. Happé par l’obsession du quotidien, il n’a plus une minute à lui. Il fait face, au prix de grands efforts. Aucune fantaisie n’arrive plus à iriser cette personnalité qui n’a rien à voir avec les bulles de savon, comme auraient pu le faire croire les apparences.

« D’une sensualité exceptionnelle, Dominique Baudis tente toutes les expériences pour essayer de vivre pleinement malgré le carcan imposé par la vie publique. Être passionné dont la sensibilité éclate en mouvements d’humeur en regrets, en colères, il ne faut pas lui manquer. Il adore naviguer à vue sur la carte du tendre mais tous les papillons qui ses jettent sur ses feux risquent d’avoir des désillusions car cet être est difficile à retenir, comme si un jour avaient disparu l’affection la plus violente, l’amour le plus pur et que, depuis, il ne récoltait que désillusions, poursuivant sempiternellement son rêve. Un cœur à vif.

« Une élégance d’aristocrate à l’ennui distingué mais ayant connu la souffrance. Sa vision du monde est devenue pessimiste. Il estime certes devoir tout faire pour remonter la pente mais n’est-il pas déjà trop tard pour sauver notre mode de vie ?

« La signature énergique souligne le prénom pour bien indiquer qu’il est lui-même et que l’on existe par ses propres vertus et non par la grâce de l’ascendance. Le point final doublé exprime la méfiance.

« Dominique Baudis ne se révèle aux autres que dans des cas rarissimes comme le montre l’écriture qui atteint rarement la marge de droite et se réfugie en arrière avec une marge de gauche de plus en plus étroite. L’obsession du passé. Une blessure secrète qui a transformé une vie pour la mettre sous les ailes de l’angoisse. Angoisse que l’on essaie d’exorciser par le travail dans lequel on plonge comme pour se noyer. Un esprit qui ne demande qu’à s’ouvrir mais qui ne se débarrasse pas de certaines raideurs. Toujours la chape de la tristesse alors que l’être demande la lumière et les joies, la paix profonde. Vif, étincelant, Dominique Baudis joue admirablement son rôle d’homme dynamique mais il y a du vieilli en lui depuis le jour où quelque chose s’est cassé. Une séparation.

« Personnage attirant, difficile, envahissant, tendu vers l’effort, passionné, rageur. La nostalgie et la tristesse font son siège en permanence. Un ange noir. »

Un ange noir est, bien évidemment, un ange mauvais, autrement dit : un démon.

Partager
  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Scoopeo
  • Technorati
  • del.icio.us
  • Netvibes
  • MySpace
  • Live
  • Wikio FR
  • email

L’association Christelle organise une marche de protestation

Publié le 12 mai 2009 dans Actualité, Événements à venir | Aucun commentaire »

L’association Christelle organisera le samedi 13 juin prochain une marche pour protester contre le traitement judiciaire des dossiers des meurtres de jeunes filles en Saône-et-Loire. Le départ est prévu à 14h30 sur le parking de la gare de Chalon-sur-Saône. Un courrier adressé à d’autres associations poursuivant les mêmes buts indique :

« En dépit de toutes les promesses qui nous ont été faites par les représentants du ministre de la Justice : constitution d’une plate-forme d’enquête commune composée de 6 gendarmes et de 6 policiers en liaison avec les juges d’instruction, nomination d’une personne référente en relation continue avec les familles, et enquête sur les crimes non élucidés, M. Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, n’a pas souhaité qu’une telle mis en place ait lieu. Ce refus s’est confirmé depuis sa présidence.

« Depuis des années avec nos avocats (cabinet Seban), nous luttons seuls et apprenons au jour le jour les dysfonctionnements rencontrés dans les enquêtes :

  • destruction de scellés, perte de scellés, non examen en recherche d’ADN sur des scellés stockés depuis plus de 18 ans égarés puis retrouvés,
  • enquêtes bâclées et non vérifiées,
  • rapprochement des dossiers non effectué,
  • demande d’audition de témoin réclamée par un juge d’instruction par commission rogatoire réalisée 4 ans après…

autant de fautes professionnelles non exhaustives qui font douter que les pouvoirs publics se donnent les moyens de rechercher la vérité. »

Partager
  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Scoopeo
  • Technorati
  • del.icio.us
  • Netvibes
  • MySpace
  • Live
  • Wikio FR
  • email