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Comment la Dépêche du Midi présentait le faux suicide de Valérie Tariote

Publié le 7 septembre 2009 dans Affaire Baudis-Alègre | Aucun commentaire »

Le meurtre de Valérie Tariote est l’un des six crimes dont le tueur Patrice Alègre a été reconnu coupable par la cour d’assises de Haute-Garonne au terme du procès de 2002. Or, l’assassinat sauvage, en 1989, de cette jeune femme de 21 ans, retrouvée mort chez elle, dans le centre de Toulouse, victime de sévices et de violences sexuelles, avait été classé en suicide durant plus de huit ans par le tribunal de grande instance de Toulouse. Sans les aveux passés par Alègre en 1997, ce meurtre n’aurait jamais été reconsidéré par la justice toulousaine, confortée et soutenue en cela par la presse locale. Les deux articles que le journal La Dépêche du Midi a publiés à la suite de la découverte du corps sont, à ce sujet, très instructifs. Ils sont signés Gérard Guillaume.

Toulouse : Meurtre ou suicide
La Dépêche du Midi
28 février 1989

« Valérie, 22 ans, gisait morte sur son lit depuis plusieurs jours. Bâillonnée, les mains liées par un lacet mais sans blessures apparentes. Un mystère que l’autopsie devrait éclaircir aujourd’hui

« Hier soir encore, les enquêteurs de la brigade criminelle de la Sûreté toulousaine se montraient prudents. La découverte macabre faite quelques heures plus tôt dans un petit appartement de la cité Jolimont, au quatrième étage du bâtiment B, ne manque pas, en effet, de mystère…

« Alertés en début d’après-midi par le concierge de cette cité, inquiet de ne pas avoir de nouvelles de cette jeune fille depuis quelques jours, les policiers ont pénétré dans les lieux et trouvé Valérie T. couchée sur son lit, sous les draps, vêtue d’un simple tee-shirt.

« La jeune fille avait les deux mains liées, à la hauteur du ventre, par un lacet de chaussure et le visage posé sur une casserole contenant un liquide rougeâtre d’origine encore indéterminée. Sur sa bouche, un bâillon fait à l’aide d’un foulard.

«  Autre constatation des plus mystérieuses : sauf un léger écoulement sanguin nasal, aucune trace de coups n’apparaissait sur le corps de la jeune fille, dont la mort remonterait à plusieurs jours.

Le sac dans le vide-ordures

« Mise en scène suicidaire ou bien meurtre ? L’autopsie, qui sera pratiquée aujourd’hui, devrait éclairer les enquêteurs en butte à d’autres énigmes de taille.

« L’appartement de la jeune fille, qui vivait seule ici depuis un an, était bien fermé à clef, et, qui plus est, mercredi dernier, le concierge, M. Jean Roura, avait fait, dans le local du vide-ordures, au sous-sol une bien étrange découverte.

« « C’était bien mercredi. Dans un container, j’ai trouvé une espèce de sac tyrolien comme ont les jeunes maintenant. Je l’ai ouvert. À l’intérieur, il y avait un sac de femme.

« Dans ce sac, les papiers de la jeune fille. Je suis monté à son appartement, j’ai tapé à la porte, mais personne n’a répondu. Alors, je lui ai mis un mot dans la boîte aux lettres pour lui expliquer tout ça et un autre mot que j’ai glissé sous sa porte. Je n’ai eu aucune nouvelle. Ce matin, j’ai encore essayé de la contacter car le propriétaire de son appartement, qui habite Béziers, devait la voir de toute urgence pour des questions d’assurances à propose de travaux à faire dans l’appartement. N’ayant toujours pas de nouvelles, j’ai téléphoné au propriétaire qui m’a alors conseillé de prévenir la police. J’ai attendu les policiers et nous sommes entrés avec un double des clefs. »

Aucun incident notable

« Ces derniers jours, personne sur ce palier qui distribue d’autres appartements, n’a remarqué de manège suspect ou noté quelque incident bruyant que ce soit.

« De plus, cette jeune fille, d’origine belge mais vivant à Toulouse depuis quatre ans, semblait y mener une vie des plus discrètes.

« Dans cet appartement depuis environ un an, elle travaillait ces derniers temps dans un hôtel proche de la gare Matabiau.

C’est, pour l’heure, tout ce qu’on connaît d’elle. Aujourd’hui, les enquêteurs vont s’employer à la profiler davantage et, résultats d’autopsie et d’analyses à l’appui, essayer de percer ce véritable mystère. S’il s’agit d’un suicide, pourquoi cette mise en scène ? S’il s’agit d’un meurtre, quand, comment, pourquoi et surtout qui ? »

Valérie n’aurait pas été agressée
La dépêche du Midi, rubrique Haute-Garonne, page 14
1er mars 1989

« La découverte macabre faite lundi après-midi, dans un petit appartement situé au quatrième étage du numéro 7 de la place Commerciale de Jolimont reste énigmatique.

« Une jeune fille de 22 ans gisait morte sur son lit depuis quelques jours (la mort remonterait à mercredi dernier), un foulard en forme de bâillon sur la bouche et les mains liées, devant elle, par un lacet. De plus, son visage reposait sur une casserole remplie d’un liquide rougeâtre de consistance indéterminée.

« Hier soir, les inspecteurs de la brigade criminelle de la Sûreté toulousaine continuaient d’observer une prudente discrétion quant aux causes exactes de la mort. Ce qui permet de déduire que la longue autopsie pratiquée hier après-midi ne les a pas aiguillés sur la piste d’une agression ayant laissé quelque trace physique que ce soit. Des coups ou des marques de strangulation par exemple.

« Il faudra donc attendre les résultats des analyses des différents prélèvements effectués hier pour savoir si Valérie, dont on a appris, par ailleurs, qu’elle était fragile au plan psychologique, n’aurait pas elle-même mis fin à ses jours en ingérant des produits médicamenteux ou toxiques.

« Si c’est le cas, la seule énigme résidera alors dans l’étrange décorum de cette mort. Une macabre mise en scène, follement imaginée au terme d’un pesant huis clos avec soi-même, peut-être pour brouiller les pistes sur une mort qu’on a eu tant de mal ou de honte à se donner.

« Pour ce qui du sac abandonné dans le local du vide-ordures et retrouvé mercredi matin par le concierge de la cité, on pourrait imaginer, là encore, qu’il s’agit de la part de la victime d’une première démarche suicidaire. D’un premier pas irrémédiable vers la perte d’identité. »

La découverte du sac à main avait pourtant un caractère insolite, ainsi qu’en témoignent les derniers avocats d’Alègre, Gilbert Collard et Édouard Martial, dans L’Étrange Affaire Alègre, page 28 :

« Pour une fois, le concierge avait joué son rôle de concierge, ce qui est de plus en plus rare, faute d’abord de concierge, ensuite de conscience professionnelle rapporteuse. Il s’étonna de trouver dans le local à poubelles un sac à dos mauve sur un tas d’ordures. Ce qu’il découvrit dans le sac l’effraya : un trousseau de clés, une lampe de chevet au cordon électrique taché de sang, un cendrier, un verre, des cotons de démaquillage ensanglantés, une chaussure. Ce dernier objet, surtout, l’intrigua : une chaussure, seule, c’est toujours mauvais signe. »

De fait, quelques jours avant son assassinat, Valérie Tariote avait confié à sa famille se sentir menacée. Michel Roussel rapporte ce témoignage dans son  ouvrage Homicide 31, page 57 :

« Sans doute Patrice Alègre l’a-t-il effectivement connue au café de la gare. J’ignore quelle a été la nature de leurs relations. Le tueur a vraisemblablement repéré l’appartement de Valérie, le jour où la jeune femme s’est aperçue que son domicile avait été visité. Il a préparé son arrivée et il est ensuite venu pour la tuer. Pour le plaisir. Peut-être aussi sur commande, l’hypothèse ne peut être exclue. Car un élément jette le trouble quant aux raisons de la mort de Valérie : une conversation téléphonique de la jeune femme avec sa tante, quelques jours avant sa mort. Elle semblait très nerveuse et a dit qu’elle avait peur, qu’elle se sentait menacée parce qu’elle avait mis les pieds là où elle n’aurait pas dû. Cet échange téléphonique ne m’a pas été rapporté par la tante de Valérie. Elle s’est confiée à plusieurs journalistes. Cette conversation ouvre d’autres perspectives effrayantes. Patrice Alègre aurait, selon les psychiatres qui l’ont expertisé, l’impérieux besoin de tuer pour exister. Il fréquente le milieu de la nuit. A-t-il été utilisé par d’autres ? Fallait-il faire taire Valérie Tariote ? Et si oui, pourquoi ? »

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Que peut révéler la présence de sérosités sanglantes dans les poumons d’un cadavre ?

Publié le 17 août 2009 dans Affaire Baudis-Alègre | Aucun commentaire »

En 1998, l’autopsie réalisée sur le corps de mon frère Alain Dubois, deux mois et demi après son décès, a permis de mettre en évidence l’existence de « sérosités sanglantes dans les gouttières pulmonaires ». Je voudrais m’adresser ici aux professionnels de la médecine qui auraient l’occasion de lire ce blog : Quelles conclusions pourrait-on en tirer quant aux circonstances de sa mort toujours mystérieuse ?

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Le journal Sud Ouest consacre un article aux décès d’Alain Dubois et d’Emmanuel Bouchet

Publié le 14 août 2009 dans Actualité | 2 commentaires »

Le quotidien Sud Ouest a publié aujourd’hui, dans le cadre d’une série d’articles consacrée aux affaires judiciaires mystérieuses survenues ces dernières années en Béarn et Soule, un papier sur les décès d’Alain Dubois et d’Emmanuel Bouchet. Cet article restera consultable gratuitement durant dix jours sur le site web du journal à l’adresse : http://www.sudouest.com/bearn/actualite/article/676072/mil/4986281.html.

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Jacky Cordonnier évoque le rôle de l’occultisme dans les décès d’Alain Dubois et d’Emmanuel Bouchet

Publié le 7 juillet 2009 dans Affaire Baudis-Alègre | Aucun commentaire »

Le 9 mars 2009, la chaîne française NT1 diffusait, sur la TNT, un reportage consacré aux décès mystérieux d’Alain Dubois et d’Emmanuel Bouchet, à Pau (Pyrénées-Atlantiques), en 1998. Jacky Cordonnier, spécialiste du satanisme parfois sollicité par la Justice, y expliquait ces morts par des « pratiques occultistes ».

<a href="http://www.youtube.com/watch?v=MBO0yBf83ns">Voir la vidéo sur Youtube</a>

Voir aussi : La symbolique ésotérique dans les dossiers d’Alain Dubois, d’Emmanuel Bouchet et d’Hervé Boy.

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La marche protestataire de l’association Christelle

Publié le 20 juin 2009 dans Les meurtres de jeunes filles en Saône-et-Loire | Aucun commentaire »

La marche de protestation organisée par l’Association Christelle dans l’après-midi du samedi 13 juin 2009, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), a réuni, selon les chiffres officiels, environ 150 personnes. Le cortège a circulé silencieusement, sous la surveillance de plusieurs véhicules de police, devant quelques établissements symboles de l’affaire : l’hôtel de ville, la sous-préfecture et le Palais de Justice. Comme l’a rappelé le président de l’association Bernard Hommey, ni Dominique Perben, maire de Chalon-sur-Saône de 1983 à 2002 puis ministre de la Justice de 2002 à 2005, ni Rachida Dati, ministre de la Justice, depuis 2007, qui a passé son enfance à Chalon-sur-Saône, n’ont accepté de rencontrer les familles des victimes ou leurs représentants, pas plus qu’ils n’ont donné suite aux demandes de constitution d’une cellule d’enquête chargée des neuf dossiers criminels non élucidés suivis par l’association. La création de cette cellule d’enquête composée de 6 policiers et de 6 gendarmes, promise par le Garde des Sceaux Pascal Clément en 2006, avait été sabordée par Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, qui avait invoqué l’ancienneté des faits ainsi que des limites budgétaires. Ce qui rend perplexe quand on considère les effectifs considérables que Sarkozy prélève sur la force publique pour assurer sa propre sécurité et celle d’une pléiade de personnalités. Pour ne citer qu’un seul exemple, il faut savoir que pas moins d’une cinquantaine de gendarmes étaient affectés en permanence, il y a quelques années, à la protection de la maison de Danièle Mitterrand. Bernard Hommey a également comparé le coût d’une cellule d’enquête avec celui de la surveillance d’un match PSG-OM : 1 500 agents mobilisés durant une journée représentent approximativement le même coût qu’une équipe de 6 personnes travaillant 235 jours ouvrés par an. À l’heure actuelle, aucun enquêteur n’est chargé de travailler exclusivement sur les dossiers.

Le sous-préfet, Jean-Noël Humbert, dont l’aide a été récemment sollicitée par l’association et auquel les dirigeants avaient l’intention de remettre, au cours de la manifestation, une lettre en main propre, ne s’est pas présenté. Pierre Denier, procureur de la République de Chalon-sur-Saône, responsable de tous les dossiers, n’a pas non plus répondu à l’invitation qui lui avait été lancée. Les manifestants ont trouvé porte close au tribunal de grande instance.

Lors de l’assemblée qui s’est ensuite tenue dans la salle Marcel Sembat, Bernard Hommey a fait état d’un ensemble de propositions établies avec l’association Stop à l’oubli et la Fondation Julie qui, bien que paraissant frappées d’évidence et de bon sens, demeurent aujourd’hui encore lettre morte :

  • Améliorer la conservation des scellés ; tous les tribunaux français perdent, dans des endroits exigus, des scellés cruciaux pour les enquêtes avec une régularité et un à-propos qui ne laissent d’étonner ; les scellés sont bien souvent stockés dans les pièces les plus inappropriées des tribunaux ; les entrées et les sorties sont notées sur de simples registres en papier, qu’il n’est pas rare d’entendre déclarés égarés, en toute impunité pour les fautifs ;
  • Rendre les crimes de sang imprescriptibles, comme dans les pays anglo-saxons ; la durée de prescription pour les crimes, fixée à dix ans,  n’a pas été modifiée depuis 1958, en dépit de l’allongement de la durée de vie, des progrès décisifs de la police scientifique et de l’explosion du nombre des documents de toute nature permettant d’apporter des certitudes longtemps après des faits ;
  • Prélever systématiquement des échantillons d’ADN sur les cadavres non identifiés inhumés sous X ;
  • Supprimer les remises de peine automatiques, qui permettent à la plupart des condamnés de n’effectuer qu’un peu plus de la moitié des peines d’emprisonnement prononcées par les tribunaux.
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Quand Labarrère qualifiait Baudis de démon

Publié le 3 juin 2009 dans Affaire Baudis-Alègre, À lire également | Aucun commentaire »

On se souvient qu’à partir de l’année 2003, Dominique Baudis et André Labarrère, ancien maire de Pau, ont fait conjointement l’objet de graves accusations dans le cadre de l’affaire Alègre. Or, bien avant la tourmente, en 1987 très exactement, André Labarrère avait publié aux éditions Ramsay, sous le titre de Votre Écriture, messieurs, un ouvrage qui renfermait une série de « portraits graphologiques » assez révélateurs sur une cinquantaine de personnalités politiques de premier plan de l’époque. C’est ainsi qu’entre des études sur Raymond Barre et Pierre Bérégovoy, figurait un chapitre sur un homme qui, quoique appartenant à un parti politique opposé, était un proche avec lequel il entretenait des relations amicales et personnelles : Dominique Baudis. Le maire de Pau, franc-maçon déclaré et passionné de sorcellerie, comme en atteste sa suite romanesque composée du Bal des célibataires et du Baron rouge, connaissait à coup sûr le fond ésotérique des termes qu’il avait consacrés à Baudis, et à lui seul. Voici l’intégralité du chapitre en question. C’est moi qui ai mis certains passages en gras.

« Écriture fascinante par ses arêtes, sa structure de cathédrale gothique. Une personnalité difficile, énigmatique, portant, tour à tour, tous les masques du carnaval de Venise. Une ambiance close. Une énergie farouche pour se protéger des autres. Une superbe indépendance dont Dominique Baudis finit par faire profession dans tous les domaines. Il ne s’estime appartenir à personne sinon à son destin.

« Une série impressionnante de barrières, de mâchicoulis empêchent de pénétrer dans l’enceinte de la vie privée. Malheur à qui s’y faufile sans y être invité. Dominique Baudis, connu pour l’amabilité de sa présentation, son sourire, possède une écriture exactement à l’opposé. Il apparaît que le véritable Baudis est fermé, impossible à cerner. Un homme d’ambition forte mais qui, dans le privé, s’abandonne aux doutes. L’écriture descendante exprime la fatigue, une véritable déprime que l’on essaie de compenser par une signature montante. La mélancolie a fait son royaume du maire de Toulouse. Des souvenirs de temps heureux semblent s’accrocher à cet homme jeune et  le précipiter dans la nostalgie du bonheur perdu. Une tristesse enveloppante qui peut être due également aux soucis de sa charge. Un fardeau qu’il a du mal à porter mais qu’il doit faire semblant de supporter comme s’il avait la légèreté d’un sac de plumes. Farouche dans son désir d’être à la hauteur de son rôle, il va mettre toute son énergie dans ce qui est devenu un combat permanent pour se glisser habilement dans ses fonctions politiques en venant d’un milieu totalement différent. L’image qui vient à l’esprit est celle d’un arc bandé vers la réussite.

« Vivant souvent de façon précipitée, Dominique Baudis a rarement l’esprit en repos. Il peut, par manque de temps ou d’habitude, faire des erreurs, oublier certaines obligations. Préoccupé par les difficultés de sa fonction, il est habité parfois par le désir de détente, la fraîcheur d’une soirée dont la principale vertu serait de n’avoir rien à faire. Las, les temps ne sont pas propices pour dételer. Moderne Atlas, il doit sans cesse porter le monde toulousain sur ses épaules pour être à la hauteur et s’y maintenir. La graphie torturée en devient pathétique. Happé par l’obsession du quotidien, il n’a plus une minute à lui. Il fait face, au prix de grands efforts. Aucune fantaisie n’arrive plus à iriser cette personnalité qui n’a rien à voir avec les bulles de savon, comme auraient pu le faire croire les apparences.

« D’une sensualité exceptionnelle, Dominique Baudis tente toutes les expériences pour essayer de vivre pleinement malgré le carcan imposé par la vie publique. Être passionné dont la sensibilité éclate en mouvements d’humeur en regrets, en colères, il ne faut pas lui manquer. Il adore naviguer à vue sur la carte du tendre mais tous les papillons qui ses jettent sur ses feux risquent d’avoir des désillusions car cet être est difficile à retenir, comme si un jour avaient disparu l’affection la plus violente, l’amour le plus pur et que, depuis, il ne récoltait que désillusions, poursuivant sempiternellement son rêve. Un cœur à vif.

« Une élégance d’aristocrate à l’ennui distingué mais ayant connu la souffrance. Sa vision du monde est devenue pessimiste. Il estime certes devoir tout faire pour remonter la pente mais n’est-il pas déjà trop tard pour sauver notre mode de vie ?

« La signature énergique souligne le prénom pour bien indiquer qu’il est lui-même et que l’on existe par ses propres vertus et non par la grâce de l’ascendance. Le point final doublé exprime la méfiance.

« Dominique Baudis ne se révèle aux autres que dans des cas rarissimes comme le montre l’écriture qui atteint rarement la marge de droite et se réfugie en arrière avec une marge de gauche de plus en plus étroite. L’obsession du passé. Une blessure secrète qui a transformé une vie pour la mettre sous les ailes de l’angoisse. Angoisse que l’on essaie d’exorciser par le travail dans lequel on plonge comme pour se noyer. Un esprit qui ne demande qu’à s’ouvrir mais qui ne se débarrasse pas de certaines raideurs. Toujours la chape de la tristesse alors que l’être demande la lumière et les joies, la paix profonde. Vif, étincelant, Dominique Baudis joue admirablement son rôle d’homme dynamique mais il y a du vieilli en lui depuis le jour où quelque chose s’est cassé. Une séparation.

« Personnage attirant, difficile, envahissant, tendu vers l’effort, passionné, rageur. La nostalgie et la tristesse font son siège en permanence. Un ange noir. »

Un ange noir est, bien évidemment, un ange mauvais, autrement dit : un démon.

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La symbolique ésotérique dans les dossiers d’Alain Dubois, d’Emmanuel Bouchet et d’Hervé Boy

Publié le 29 mai 2009 dans Affaire Baudis-Alègre, À lire également | Aucun commentaire »

Voici un tableau synoptique montrant quelques similitudes permettant de relier les décès de plusieurs jeunes hommes dans les Pyrénées-Atlantiques.

Emmanuel
BOUCHET
Alain
DUBOIS
Hervé
BOY
18 ans 20 ans 24 ans
Décès sans témoins sur la voie publique
Passionnés d’ésotérisme et de civilisations anciennes  
SYMBOLIQUE DES LIEUX DE DÉCOUVERTE DES CORPS
Retrouvés dans des endroits sordides près de gares
Dans les eaux, ou à proximité immédiate, de canaux de minoteries de la société Heïd
Dans le canal Heïd de Pau (64) Sur un terre-plein près du canal Heïd de Pau. Le canal Heïd a été asséché d’avril à novembre 1998. Dans le canal Heïd à Orthez (64)
Corps retrouvés à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre  
Le corps a été retrouvé par « une dame qui promenait son chien » a, à chaque fois, assuré, devant la famille, l’inspecteur de police Alain Amigou (ce qui est faux si on se fie aux procès-verbaux des enquêtes initiales)  
SYMBOLIQUE DES DATES
Mars 1998 Septembre 1998 Décembre 1999
Dans la nuit du 10 au 11 Dans la nuit du 11 au 12 Dans la nuit du 10 au 11
  6 mois après Emmanuel 15 mois après Alain
Corps retrouvés dans la matinée ou en début d’après-midi
Personne ne les a revus vivants après leurs départs
SYMBOLIQUE DE PURIFICATION
Il manquait une chaussure à chacun d’eux
Ils s’étaient dépouillés de leurs « métaux », selon l’expression maçonnique
Emmanuel avait laissé chez lui la chaîne de cou qu’il portait en permanence Alain n’avait pris aucun de ses deux médaillons. Il en mettait un sitôt revenu du travail. Hervé ne portait ni chaîne ni gourmette
SYMBOLIQUE DE MISE À MORT
Les corps étaient couverts de boue
Peu d’eau dans les poumons. Pas nécessairement mort de noyade. Sérosités sanglantes dans les poumons Peu d’eau dans les poumons. Pas assez pour mourir de noyade.
Emmanuel était vêtu différemment lors de son départ Les vêtements d’Alain étaient déchirés, décousus et souillés de sang, de terre et d’herbe Seul un blouson ne lui appartenant pas, couvert de terre, a été montré à la famille
Chute supposée de 25 mètres du haut du Pavillon des arts  
Très nombreuses blessures. L’eau présente dans les poumons avaient une composition différente de celle du canal Heïd. Fracture avec hématome très antérieure à la mort et incompatible avec un suicide, 2 séries de fractures non ouvertes au bras et à la jambe, pas de dommage à la colonne vertébrale malgré une chute supposée sur le côté Longue balafre sur le cou, hématome maxillaire gauche, traces de coups sur le côté gauche du corps
Présence d’une feuille de palmier  
TRAITEMENT JUDICIAIRE
Dossiers classés par le tribunal de grande instance de Pau
Les enquêtes initiales ont été dirigées par le même inspecteur du commissariat de police de Pau, Alain Amigou, qui, dans le cas d’Alain, a conclu au suicide moins de 4 heures après la découverte du corps  
Presque aucune enquête, audition d’un minimum de personnes, dénaturation des propos de certains témoins, autopsies non concluantes
Refus d’établir toutes relations entre les dossiers et « saucissonnage » en plusieurs instructions judiciaires disjointes
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Dans quelles circonstances Émilie Espès a-t-elle trouvé la mort ?

Publié le 27 mai 2009 dans Affaire Baudis-Alègre | Aucun commentaire »

Émilie Espès était la seule rescapée connue d’un viol de Patrice Alègre. En parvenant à échapper au tueur grâce à des promesses fallacieuses, elle a jeté Alègre dans une folle cavale qui, de février à septembre 1997, date de son arrestation, l’a mené d’un bout à l’autre de la région Midi-Pyrénées, puis en Espagne, en Allemagne, en Belgique, en Île-de-France.

Cette équipée désespérée, durant laquelle il a multiplié les agressions et les imprudences, tuant notamment, d’après le procès de 2002, Mireille Normand et Isabelle Chicherie, a immédiatement et irréfutablement désigné comme un multirécidiviste cet homme qui avait jusque-là toujours échappé à toute condamnation grave, en dépit d’une activité criminelle diversifiée et fournie.

En livrant un témoignage capital, Émilie Espès a ainsi fortement contribué à mettre en lumière le système qui garantissait l’impunité du tueur. Bien des gens devaient souhaiter sa mort. Pierre Alfort, notamment, dans son livre J’ai défendu Patrice Alègre, a rapporté, à la page 154, l’inquiétude exprimée par l’avocate d’Émilie Espès au cours du procès de 2002 :

« Me Dantin-Mouton parle également à la première personne, mais en lieu et place d’Émilie Espès. Pour convaincre les jurés d’envoyer l’accusé en prison le plus longtemps possible, elle dit : « Une crainte m’habite. Le jour où Patrice Alègre sera capable d’analyser ses actes, peut-être me rendra-t-il responsable de son arrestation. Cela m’effraie. » »

De fait, le 10 janvier 2009, un reportage de l’émission Affaires criminelles consacré à L’affaire Patrice Allègre et diffusé sur la chaîne NT1 a annoncé que cette jeune femme était décédée en 2006, « suite à une tentative de suicide », sans plus de détails. Je profite donc de ce site pour lancer un appel à témoins : Que lui est-il arrivé ?

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Le bilan annuel de Manu association

Publié le 26 mai 2009 dans Associations de victimes | Aucun commentaire »

La dernière assemblée générale de Manu association s’est tenue le samedi 23 mai 2009 à Ercheu, dans le département de la Somme. Pour les 10 ans de l’association, le président Jean-Yves Bonnissant a tenu à en énumérer les principales réussites : la participation à SOS Enfants disparus, la contribution à la création de la Délégation aux victimes… En 10 ans d’activité, Manu association a permis de retrouver 80 personnes disparues, vivantes ou décédées, sur un total de 555 dossiers élucidés. En dépit de ce bilan très positif, le Ministère de la Justice n’a toutefois pas jugé utile de renouveler sa modeste subvention annuelle de 1 500 €.

L’État français ne semble pas actuellement en mesure de produire des statistiques sur les disparitions inquiétantes non élucidées. J’ai reproduit dans le tableau ci-dessous les chiffres officiels disponibles, que j’ai récupérés sur le bulletin d’actualité n° 17 de l’association. Précisons que ces chiffres doivent être considérés avec beaucoup de circonspection. Tout d’abord, certains d’entre eux peuvent inclure des doubles comptes. De nombreuses familles de disparus, ensuite, rapportent régulièrement que des services de police ou de gendarmerie ont refusé de consigner leur plainte en arguant que la personne concernée est majeure et donc libre de partir sans laisser ni traces ni adresse. Enfin, le Fichier des personnes recherchées semble présenter un étrange fonctionnement, ou dysfonctionnement, qui se traduit par la disparition subite de certains dossiers de la base de données, sans que la famille soit prévenue. Ce problème a notamment affecté les fiches de Cédric Vallois, d’Emmanuel Bonnissant, de Takao Munakata, de Valérie Belhache, de Nicolas Marmagne, pour ne citer que quelques cas. Ceci impose aux proches de vérifier périodiquement que la fiche est toujours active. Les débats, qui ont eu lieu en présence du commandant de la compagnie de gendarmerie de Montdidier, ont par ailleurs pointé du doigt le fait que le Fichier des personnes recherchées ne contient que très peu de photos et que tous les dossiers ne sont pas systématiquement communiqués au système d’information de l’espace Schengen.

Les statistiques officielles sur les disparitions en France
  2005 2006 2007 2008
Inscriptions au Fichier des personnes recherchées 51 306 54 754 56 073 59 480
Mineurs signalés 40 652 43 625 45 038 47 917
Majeurs signalés 10 064 10 649 11 035 9 991
Recherches dans l’intérêt des familles 1 610 1 570 1 101 1 212

 

L’année 2008-2009, de plus, a une nouvelle fois montré la disproportion des mesures qui peuvent être mises en œuvre dans le cadre d’un vol à main armée et dans celui d’une disparition d’enfant. Les disparitions d’Antoine Brugerolle de Fraissinette et d’Élise André, après celle de Marion Wagon à Agen en 1996, ont mis en évidence que les enquêteurs se bornent le plus généralement à effectuer des recherches dans les environs de la disparition, alors qu’un braquage de fourgon blindé aurait pu entraîner le bouclage de tous les départements limitrophes, en application du plan Épervier.

Après l’assemblée générale, des discussions informelles entre membres de l’association ont porté sur les difficultés à obtenir des soutiens au-dehors. En 2001, en effet, une marche de l’espoir, consacrée à toutes les disparitions non élucidées, n’avait réuni que 300 personnes dans Paris, quand une manifestation pour une minorité persécutée à l’autre bout du monde peut en rassembler jusqu’à 10 000. Une lourde réglementation, des autorités tatillonnes, les fortes responsabilités à assumer, auxquelles ne semblent pas être confrontées les manifestations organisées dans les banlieues, dissuadent aujourd’hui le bureau de Manu association de relancer une telle opération.

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Le plus grand fiasco judiciaire de l’histoire contemporaine

Publié le 14 mai 2009 dans Affaire Baudis-Alègre | Aucun commentaire »

La dernière assemblée générale de Stop à l’oubli d’avril dernier s’est tenue après que la totalité des dossiers suivis par l’association ont été discrètement refermés, en bloc, par le tribunal de Toulouse, dans un black-out médiatique presque total. En voici une liste non-exhaustive.

Il est impossible, en outre, de ne pas évoquer d’autres dossiers qui ont été liés directement ou indirectement à l’affaire Alègre et sont aujourd’hui tous classés :

  • La disparition de Monique Réjembeau (Toulouse, 1980) ;
  • La disparition de Françoise Chevalier (Cazères, 1984) ;
  • Le décès de Patrick Buffin (Toulouse, 1986) ;
  • Le décès de Jean-Jacques Allemane (Toulouse, 1986) ;
  • La disparition d’Anne-Marie Nayral de Puybusque (Launaguet, 1987) ;
  • La disparition de Rémy Salazar (Toulouse, 1989) : non-lieu en mars 2008 ;
  • Le meurtre de Suzanne Lerbet (Toulouse, 1993) ;
  • La disparition de Marie-Christine Caillaud (Le Vernet, 1993) ;
  • Le décès de Francine Samson (Montauban, 1985) ;
  • Le décès de Nicole Ginestet (Cordes-Tolosannes, 1991).

Les services d’enquête ayant mis au jour entre 190 et 195 affaires non résolues survenues sur le seul ressort du tribunal de grande instance de Toulouse entre les années 1986 et 1997, il faudrait encore évoquer une pléthore de dossiers non élucidés depuis les années 80, au nombre desquels figurent :

  • Le meurtre de Marguerite Blazy (Toulouse, 1983) ;
  • Le meurtre de Gilbert Roques (Toulouse, 1983) ;
  • Le meurtre de Yamina Benamara (Toulouse, 1986) ;
  • Le meurtre de Jacques Sauné (Toulouse, 1988) ;
  • Le meurtre d’Henri Salvat (Toulouse, 1997) ;
  • Le décès de Jacqueline Aymard (Toulouse, 1999) ;
  • Le meurtre d’Ali Guerri (Toulouse, 2000) ;
  • Le meurtre de Mohamed Boumaza (Toulouse, 2000) ;
  • Le meurtre de Christian Giordan (Toulouse, 2001) ;
  • La disparition d’Emmanuelle Sanchez (Colomiers, 2001) : non-lieu vers janvier 2009.

Au total, seul le faux suicide d’Hadja Darolles Benyoucef (Toulouse, 1987) a fait l’objet d’un renvoi devant un tribunal. Dans l’histoire contemporaine, on chercherait vainement pareille faillite publique de la Justice.

Pourquoi, en dépit des moyens exceptionnels mis à la disposition des cellules d’enquête et du tribunal, de la présence d’une multitude de journalistes censés les aiguillonner, ainsi que des progrès indéniables de la police scientifique depuis 25 ans, ces dossiers n’ont-ils nullement avancé ? Pourquoi, en dépit de toute logique, et alors qu’aucune raison apparente ne contraignait les magistrats toulousains à rendre des décisions en ce sens, ces dossiers ont-ils été si rapidement refermés par des non-lieux ?

Pourquoi, surtout, tandis qu’en 2000, la mystérieuse et surprenante démission de Dominique Baudis, à laquelle il n’a jamais donné d’explication convaincante, coïncidait avec la réouverture des premiers dossiers dans le sillage de l’affaire Alègre, ses actuelles tentatives de retour en politique, d’abord au sénat puis maintenant au Parlement européen, sont-elles concomitantes avec leur fermeture précipitée ?

Mise à jour : Quelques jours après la publication de cet article, Stop à l’oubli a enfin mis en ligne sur son site web une petite partie des très nombreux éléments à charge dont elle dispose.

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